Trois jours intenses pendant lesquels je n’ai levé le nez de mon cahier que pour donner des croquettes au chat.
Trois jours sans presque manger ni boire, ne dormant que quelques heures au petit matin.
Trois jours à faire la nique à la poubelle car elle ne se remplit plus à mesure que je me vide.
Trois jours que je suis là, courbée sur mon roman à gratter le papier comme une poule son poulailler. Aussi solide qu’un bœuf labourant les mots de ma persévérance.
Travail de fourmi qui construit sa forteresse pour y entasser ses miettes. J’aligne les phrases comme elle accumule la nourriture. Pour m’aider à passer l’hiver.
Trois jours bénis où les mots me viennent comme des salves de canon. Où je les crache en vrac avant qu’ils ne se rangent sur la feuille comme de bons petits soldats que les épidémies des champs de bataille n’ont pas décimés.
Trois aurores de pur bonheur où je m’écroule, le cœur léger, dans un sommeil lourd que plus rien ne vient perturber.
Trois matins pour écrire le mot FIN.
Je pensais avoir oublié une idée, un détail. Mais non, tout était dit. Mon premier roman était enfin terminé.
Je n’avais oublié qu’une seule chose. Le lait sur le feu.
Pour le chat.
Novembre 2010
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